La pêche artisanale aux Comores : les hommes de la mer entre tradition et survie

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La pêche artisanale aux Comores : les hommes de la mer entre tradition et survie

Les hommes de la mer entre tradition et survie

Avant le lever du soleil

Chaque matin avant l’aube, des milliers de pêcheurs comoriens poussent leurs pirogues sur la plage et partent affronter l’un des océans les plus intenses du monde. L’océan Indien, ici, n’est pas le décor bleu turquoise des brochures touristiques. C’est un espace de travail exigeant, capable de se retourner en quelques heures, peuplé de courants imprévisibles et de vents qui peuvent piéger une pirogue loin des côtes.

La pêche artisanale représente environ 80 % de la production halieutique nationale des Comores. Elle nourrit directement les familles des pêcheurs, plusieurs dizaines de milliers de personnes, et constitue une source majeure de protéines pour une population dont l’accès à la viande reste limité.

Des techniques millénaires, des eaux sous pression

Les techniques de pêche traditionnelles comoriennes, notamment la ligne, le filet de surface, la pêche à la traîne pour le thon et la bonite, sont le fruit d’une adaptation de plusieurs siècles à cet océan particulier. Les pêcheurs connaissent les zones, les saisons, les signes que les oiseaux et les vents donnent sur la présence du poisson.

Mais les eaux comoriennes subissent une pression croissante. La pêche industrielle étrangère, navires asiatiques et européens opérant dans la zone économique exclusive, prélève des volumes que la pêche artisanale locale ne peut concurrencer. Les stocks de certaines espèces diminuent. Les pêcheurs doivent aller plus loin, rester plus longtemps en mer, revenir parfois les mains vides.

Ce que la mer donne et reprend

La relation des Comoriens à la mer est ambivalente, comme dans toutes les sociétés insulaires. Elle nourrit et elle tue. Les naufrages de pirogues, souvent surchargées ou prises dans des tempêtes soudaines, font régulièrement des victimes dans les communautés côtières.

Des programmes d’équipement en moteurs hors-bord, GPS de poche et gilets de sauvetage, cherchent à réduire cette vulnérabilité. Leur déploiement reste inégal selon les îles et les villages. L’enjeu n’est pas seulement économique. C’est une question de vie.

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