La diaspora comorienne en France : entre deux rives, une identité en construction

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La diaspora comorienne en France : entre deux rives, une identité en construction

Entre deux rives, une identité en construction

Marseille, cinquième île des Comores

Il y a plus de Comoriens à Marseille que sur l’île de Mohéli. Cette réalité démographique dit quelque chose d’essentiel sur la relation particulière qui unit les Comores et la France. Une relation faite d’histoire, d’économie et d’affect, qui n’a pas d’équivalent simple dans d’autres diasporas africaines.

On estime entre 300 000 et 400 000 le nombre de Comoriens résidant en France, dont une large majorité en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et en Île-de-France. Cette communauté représente aujourd’hui plus d’une génération : des hommes et des femmes nés en France de parents comoriens, qui grandissent entre une identité française assumée et un héritage comorien revendiqué.

L’argent qui traverse la mer

Les transferts d’argent de la diaspora vers les Comores représentent une part considérable du Produit Intérieur Brut (PIB) national. Certaines estimations les situent entre 20 et 25 %. Pour des millions de familles comoriennes, l’envoi mensuel d’un proche en France n’est pas un complément : c’est souvent l’essentiel des revenus du foyer.

Cette générosité a un prix que peu évoquent ouvertement : l’épuisement. Contribuer au Grand Mariage d’un cousin, aider un frère à construire sa maison, financer les soins d’un parent âgé : tout cela depuis un appartement de la périphérie marseillaise avec un salaire d’ouvrier ou d’employé de service. La diaspora comorienne porte un fardeau affectif et financier considérable que sa discrétion proverbiale rend souvent invisible.

Une génération qui invente son équilibre

La génération née en France compose avec cette double appartenance avec une créativité remarquable. Des associations culturelles florissantes organisent des cours de shikomori, des concerts de musique traditionnelle et des iftars collectifs qui rassemblent des centaines de familles.

Des entrepreneurs comoriens de la diaspora investissent aux Comores dans l’immobilier, le tourisme ou les nouvelles technologies. Et puis il y a ceux qui reviennent, pas définitivement, mais régulièrement, pour se ressourcer dans une appartenance que la France ne peut pas leur donner. Entre Marseille et Moroni, il n’y a que d’un vol de cinq heures. Il y a toute une vie.

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